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par CG

Après la rentrée, les khôlles

15/09/2012 dans prépa 1ère année, prépa 2ème année, tout public

La rentrée en prépa est toujours suivie d’un état de grâce. Le silence intimidé qui flotte sur les classes se réfléchit sur le sourire rassurant des professeurs. Les étudiants disent : la prépa, ce n’est pas si terrible, les professeurs sont gentils et le travail est raisonnable. Mais cette aura de bien-être peut s’obscurcir aussi vite que le ciel en certains jours de septembre, par exemple avec la mise en place des khôlles.
Ecrivez bien « khô » sans oublier l’accent : vieille tradition de pédantisme littéraire, jargon de cercle distingué… Tout cela impressionne mais ce n’est rien d’extraordinaire : les étudiants, par groupe de trois, doivent « rencontrer » pendant une heure un «khôlleur» qui peut être un professeur d’une autre classe ou un intervenant extérieur.
Les complications naissent avec la construction du khôlloscope : un système de roulement et alternances pour équilibrer les croisements étudiants-khôlleurs. Pour cet outil, les algorithmes peuvent beaucoup mais les étudiants le voient parfois comme un jeu de l’oie où ils sont perdants. En effet, les journées de travail vont s’allonger : les khôlles nécessitent une longue préparation et se déroulent souvent le soir jusqu’à 19h, même 20h pour les malchanceux (encore pire, le matin de 7h à 8h : oui, cela existe !)
Et comment se passe la rencontre ? Pas toujours très bien… En théorie, chaque étudiant est interrogé à son tour pendant 20 minutes, pendant que les deux autres écoutent, commentent, corrigent, prennent des notes. En pratique, les trois étudiants se partagent le tableau et planchent une heure durant tandis que le khôlleur circule de l’un à l’autre. Il fut une mode du khôlleur antipathique et muet qui propageait une ambiance glaciale (aidé en cela par les établissements qui coupaient le chauffage après 17 heures : imaginez la chose en plein hiver!). Le khôlleur actuel est plutôt bienveillant et sympathique, il aide et il explique, il met en valeur l’aspect positif de la prestation.
A ne pas perdre de vue : il s’agit d’un entrainement à l’oral du concours donc il faut un minimum de mise en situation. Voici quelques conseils, afin que vos khôlles vous fassent progresser :
• Préparez consciencieusement votre khôlle, apprenez bien les questions de cours, faites ou refaites des exercices, soyez « incollable » sur les points-clefs.
• Ne soyez ni angoissé ni crispé, mais impliquez-vous et calibrez bien votre attitude (pas d’arrogance ni de suffisance, pas d’hilarité ni de désinvolture)
• Exprimez-vous, parlez, communiquez. Soignez la présentation au tableau.
• Ne soufflez pas une solution à votre voisin ni n’en demandez une : mettez en valeur votre savoir, reconnaissez franchement vos ignorances, appelez le khôlleur à l’aide si nécessaire.
• Notez les questions et les exercices qu’on vous pose en khôlle et rédigez ensuite à tête reposée une solution que vous conserverez et échangerez comme un référentiel pour l’oral.

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par CG

Après le bac, la rentrée

03/09/2012 dans prépa 1ère année, tout public

Les rentrées des classes se suivent et se ressemblent un peu. J’ai connu des rentrées bleues sous les soleils du sud, des rentrées vertes dans la luxuriance équatoriale, des rentrées jaunes dans la lumière oblique de l’automne… Pourtant, l’image rémanente de la rentrée est pour moi celle d’un jour gris, humide, venteux, un jour où les oiseaux fuient le ciel et se rassemblent comme ces colonnes d’élèves blottis sous les préaux en attendant l’appel… Car les rentrées subies, celles des enfants, des élèves, des étudiants, se superposent à d’autres rentrées, celles des professeurs, pas toujours drôles non plus.

A vous qui entrez en prépa, en prépa intégrée, en premier cycle universitaire, vous, fraîchement émoulu de votre succès au baccalauréat, vous qui tout l’été avez dansé autant que chanta la cigale de La Fontaine, vous qui ne serez pas pris au dépourvu, à vous je dédie ma rentrée la plus grise : c’était, vous vous en doutez, en tant qu’étudiant en classes préparatoires.

Je ne raconterai pas tout, même presque rien, puisque je voudrais surtout parler de mathématiques et ce jour-là il en fut peu question… Le discours d’accueil de notre professeur commença ainsi : « Vous n’avez jamais fait de mathématiques et vous allez en voir plus que vous n’en voulez ! ». En voir, disait-il avec cynisme, oui, en baver en fait, et passer 14 heures par semaine avec ce grincheux s’annonçait rude… A ce moment-là je n’ai vu que l’aspect négateur de cette harangue car, avec mon bac en poche, je pensais avoir fait beaucoup de mathématiques. Je connaissais bien les espaces vectoriels, les applications linéaires, les matrices, les groupes, les anneaux, les bijections, les congruences, les ensembles quotients, les bornes supérieures, les intégrales… Je savais la définition de ces objets, leur usage, mais on ne m’avait pas montré leur organisation et c’était en effet cela que j’allais « voir ».

Je retourne à présent l’événement sur sa face positive : ce qui vous attend est merveilleux ! Vous entrez dans la lumière du monde mathématique comme dans un labyrinthe fantastique, vous découvrez des structures, des architectures, vous bâtissez en un clin d’œil un univers qui mit des siècles à s’établir. Les questions sourdent d’abondance et les réponses feront écho. Qu’est-ce qu’un nombre réel ? Pourquoi les complexes ? Qu’est-ce qu’une infinité d’objets ? Sait-on résoudre n’importe quelle équation ? Calculer n’importe quelle intégrale ?… Je voudrais vous conduire loin dans ce labyrinthe envoûtant et vous n’auriez pas envie d’en sortir : c’est ce que je vous souhaite.

Je vous souhaite aussi une bonne rentrée, c’est-à-dire un bon démarrage dans votre vie d’étudiant et de mathématicien. Et si quelque chose ne va pas, contactez-moi…

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